Playa Tecolote, Baja California, ME, 13 janvier 2006

1er janvier au Mexique. Notre premier passage de frontière, qui devait être une simple formalité, fut assez... pimenté. La Baja semble vampirisée par l’autre Californie, même si l'Histoire affirme le contraire (la Californie est restée mexicaine jusqu’en 1848 !). Mais plus on roule vers le sud et plus les paysages s’affirment, tantôt quasi-désertiques, tantôt montagneux, on se détend et on se laisse doucement dépayser…
 
Enseneda, Rosario de Arriba, Guerrero Negro, San Ignacio, Mulege…
On avance, on avance, on avance, on a juste assez d’essence, mais on avance. Avec ses 1700 km de long, la Baja California ne nous ménage pas, d’autant que la "Mex 1" zigzague d’une côte à l’autre au gré du relief (80 km de large en moyenne, une broutille, sauf que c’est à peu près notre moyenne horaire !). Mais à partir du 28ème parallèle, qui sépare la Baja Norte de la Baja Sur, les paysages sont si beaux qu’ils nous font oublier les rhumatismes d’Harvé.
 
baja
cactus catavina Immenses et majestueux, les cactus candélabres se dressent dans des plaines arides ou au milieu d’amas rocheux, près de Cataviña. Tellement impressionnants que le plaisir reste intact, jour après jour, ou sieste après sieste pour Romain, qui se réveille avec le même cri enthousiaste à chaque fois : "des cactuuuuus !!!" cactus candelabre harvé dans les cactus

mission mulege Autre piquante attraction du coin, les missions, bâties par les Jésuites autour du XVIIIème siècle. De belles églises… mais à quel prix. La première fut construite en 1699, à Loreto, qui peut se vanter d’avoir été pendant plus d’un siècle la capitale de la Californie. L’église actuelle a été reconstruite au XIXème siècle, et le musée adjacent retrace l’évangélisation de toute la péninsule… sans évangélisme. À voir les Christ en croix et autres représentations hyperréalistes dont se sont servis les Jésuites, on comprend que les Indiens aient pu faire des cauchemars.
De bonnes initiatives quand même, les palmeraies que les Jésuites plantaient autour de leur mission, comme à Mulege et à San Ignacio. Petite oasis de fraîcheur, avec son village assoupi et ses palmiers dattiers, San Ignacio restera l’une de nos plus jolies étapes…
Nous étions à Loreto pour l’épiphanie, fête des Enfants ici puisqu’ils reçoivent leurs cadeaux de Noël. Nous sommes tombés sur une messe toute simple, à la guitare, et plus loin, sur une foule agglutinée dans le parking d’un centre commercial. Sur le podium s’époumonaient de drôles de personnages… dont Schreck et son ogresse !!! Drôles de Rois mages…
palmeraie de Mulege
 
Côté rencontres, nous ne sommes encore que des "gringos" parmi d’autres, beaucoup de Mexicains s’obstinent à nous parler en anglais malgré nos braves "no hablamos ingles, somos franceses y entendemos español un poco !" 
pablo
Mais les langues se délient, les Américains tout aussi perdus que nous sont plus ouverts en "terrain neutre" et nous jonglons entre les deux idiomes. Même les Californiens sont différents ici, nous avons sympathisé avec des "organic farmers" qui nous ont répété 4 fois qu'ils n'avaient pas voté pour Bush ! Romain s'est fait son premier copain mexicain (qui n'est pas le fils du commandant Marcos, malgré les apparences) comme quoi, pas besoin de beaucoup de vocabulaire commun... pour échanger ses petites voitures !
Sinon, un petit accrochage et une visite au poste valent toutes les méthodes Assimil... 

pélicans La Baja, c'est encore des plages somptueuses et désertes... avec un peu de pratique et en glanant des infos par-ci par-là, nous arrivons à camper dans de petits coins paradisiaques... San Ignacio, Playa del Coyote (Bahia Conception), Playa Tecolote (nord de La Paz) sont notre trio gagnant. Premiers bains, premiers repas au coin du feu, on l’aime bien notre roulotte, mais ça fait un bien fou d’en sortir enfin !
À Puerto Lopez Mateo, les baleines ont fait les timides (trop tôt dans la saison), ce sont les dauphins qui ont assuré le spectacle, grandiose... et les pélicans, le show aérien de Playa Tecolote.

En ce début de voyage, difficile de concilier notre soif de découverte, les capacités de notre roulotte et le rythme de nos deux p’tits bouts. Tant pis pour les peintures rupestres (trop de piste), La Paz et les musées un peu vite expédiés... à nous le continent !

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