Santa Cruz, août 2006
Après
Sajama,
nous retrouvons les Espacla à Oruro pour nous
lancer
vers
le Salar d’Uyuni.
Seuls, sans GPS, jamais nous
n’aurions tenté
l’aventure. Plus de 8h de piste jusqu’à
l’île des Pêcheurs, sans un
panneau, ni même de route une fois entrés sur le
Salar.
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Au
premier passage de rivière, les Espacla
s’enlisent. On arrête un camion
local… qui s’enlise plus profondément
encore en essayant de les sortir
de là ! Plusieurs heures de perdues devant les yeux
effarés de Capucine
et Damien, qui en sont à leur 3° enlisement en une
semaine, "mais
c’est comme ça tout le temps ????".
Non, là, c'est vrai qu'on force la chance… |

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Mais
le jeu en vaut la chandelle… nous arrivons enfin aux portes
du
Salar, juste à temps pour le coucher de soleil. Le
lendemain, nous
roulons de front sur une surface immaculée, pas de trace,
juste un cap
et les points GPS de Pascal. Bonheur total. Nous croisons quelques 4x4
sur l’île des Pêcheurs, mais ils
repartent rapidement, nous laissant l'exclusivité du coucher
de soleil sur le désert. |
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| Les
garçons
enfourchent les
vélos,
Inès tente quelques pas… ils n’ont pas
tous les jours
une aire
de jeux de 12 000 km2 ! On vit un moment fort de notre voyage. Le
soir, c’est la fête, champagne (bolivien !), confit
de canard, et feu
d’artifice sur le Salar… |
| Le
lendemain, l’arrivée à Uyuni nous
surprend, c’est une ville de
poussière, quatre rues battues par les vents.
L’accueil est réfrigérant, au
marché comme chez les petits commerçants.
Chercher de
l'eau, de l'essence ou du gaz se transforme en un vrai parcours du
combattant, face à des visages impassibles et des regards
rendus
vitreux par l'abus de coca. Il faut les comprendre, Uyuni, isolée
et glaciale, n'est pas
précisément une ville où il fait bon
vivre. Heureusement, nous trouvons un
peu de chaleur chez I
Ranking, des infos et des steaks de
lama, hum… |

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C'est
une adresse
précieuse, puisqu'elle donne un classement des agences
selon les appréciations des touristes. Rares sont ceux qui
s’aventurent
seuls dans cette partie de
la Bolivie, nous cherchons donc nous aussi "l'agence la moins pire"
pour continuer
vers le Sud Lipez.
S’entassent enfin dans un 4x4 un peu
poussif, 1
chauffeur, 1 cuisinière, Inès, 3
garçons de 3 à 5 ans, et 4 adultes,
parfaitement maîtres de la situation.
On
passe quand
même pour des
allumés, ce circuit étant
réputé pour être difficile. Au bout de
4
jours de piste quasi ininterrompus dans des vallées
totalement isolées,
sans aucune commodité, et 3 nuits glaciales dans des
logements plus que
sommaires, nous sommes assez
d’accord.
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D’autant
qu’il faut aussi tenir
les enfants, en grande forme malgré les conditions
climatiques : le
vent, le froid, mais aussi un soleil de plomb, j’attrape une
insolation
énorme, maux de tête et vomissements, qui me
gâchent la fin du voyage. Il
faut dire que nous sommes en plein hiver, que les
températures sont
largement négatives la nuit et bien timides le jour, et que
pour voir
les geysers, nous montons jusqu’à 4 870m, plus
haut que le Mont Blanc !
Le spectacle est grandiose quoique dangereux, on avance au milieu des
cratères bouillonnants, inutile de chercher les
barrières de sécurité…
Un tour épuisant, mais quels paysages, ces lagunes
colorées, ces
déserts immenses… le Sud Lipez, un
condensé de Bolivie… |
| De retour
à Uyuni,
nous retrouvons une 3° famille
française, les
Muselle et leurs trois enfants, et c’est en convoi que nous
partons
pour Potosi.
La piste est moins redoutable que nous
l’imaginions, et je
crois bien que nous nous en sortons tous indemnes, pour une fois ! A Potosi, nous
rencontrons aussi les Sauvage, dont on suivait le tour du monde il y a
un an à peine… la Bolivie, LE
carrefour des voyageurs francophones ! |
| Potosi
est AUSSI à 4000 m… on n’est pas
dépaysés ! Ses mines d’argent ont fait
la fortune de l’Espagne… Pendant les trois
siècles de
l’époque coloniale,
des millions d’esclaves périssent dans les mines
pour en faire la cité la plus riche du monde.
Aujourd’hui encore, quoique peu
rentables, les mines du Cerro
Rico sont encore en activité.
Et elles
sont devenues le principal attrait touristique de la ville !
Pourtant,
si la ville est agréable, la visite des mines…
l’est un peu moins. |
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Charles
et Pascal ayant négocié la présence
des enfants, nous entrons
tous dans un boyau obscur. Inès nous dépasse
d’une tête dans son
porte-bébé et elle est forcément la
seule sans protection, même en
Bolivie, les casques taille 1 an ne courent pas les mines.
J’en suis
malade. Après avoir droit à un petit tour perso
au plus près des
mineurs, et plus particulièrement des artificiers, je me
précipite à l’air libre, les jambes
tremblantes
mais tenant fermement Inès et Romain par la main. |
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| Je
dois franchement être une petite nature puisque, chaque jour,
des
dizaines de touristes se précipitent enthousiastes pour voir
le
spectacle. Mais prendre le risque de descendre dans des mines en
activité, avec bien sûr une
sécurité
zéro, pour s'extasier devant des mineurs shootés
à
la
coca… eux qui n'ont pas le choix, je n'ose pas imaginer ce
qu'ils
pensent de ce défilé... et encore moins de ceux
qui y
trimbalent des enfants ! |
| Avant
de profiter des charmes de Sucre,
nous assistons au marché
dominical de Tarabuco.
Inutile de vouloir y faire des affaires, tout y
est plus cher qu'à La
Paz, mais c'est un régal pour les
yeux. Les villageoises, en habit traditionnel, sont farouches.
Alors, pour
les amadouer, je sors les habits trop petits
d'Inès. En un clin d'oeil,
la place centrale se couvre de bodies Petit Bateau,
et je peux
enfin entamer un début de dialogue... |
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| Sucre
la blanche, son charme colonial et la douceur de
son climat (et
seulement à 2800m d’altitude !) est souvent la
récompense du voyageur.
Mais Charles nous ramène un nouvel "intrus" qui le cloue au
lit
pendant trois jours. Au bout de 9 mois de voyage, nous nous sommes crus
immunisés et n’avons pas pris de mesures
spéciales concernant notre
alimentation… mais en Bolivie, rien de plus
traître qu’un légume ou un
fruit trop vite lavé ! Charles sur pied, Inès et
moi succombons à notre
tour, alors que plusieurs jours de piste nous attendent
jusqu’à Santa
Cruz (Romain ? un miraculé de la Bolivie !). |
Après
une
heure de piste, c'est la panne.
Une chance, les Espacla toujours à la rescousse, Pascal nous
sort de là
au bout de
quelques heures. Mais, alors que Charles est à ses
côtés sous le camping
car, Romain adopté par Laetitia et les
garçons,
j'ai bien du mal à rassembler mes dernières
forces pour
consoler
Inès (la petite Sirène, vous vous souvenez ?). Ce
mois
passé en Bolivie a mis à mal ma petite
santé...
et toute
mon abnégation maternelle !!! On se console lors d'un
dernier
bivouac commun, autour d'un feu, dans le lit d'une
rivière asséchée...
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| A
Santa Cruz,
un mois jour
pour jour après notre 1° visite chez un
pédiatre, j’emmène à nouveau
Inès aux urgences puisqu’elle se vide depuis
maintenant 5 jours. Elle a
maigri, et a mauvaise mine… comme nous tous.
Il est urgent d’aller se refaire une
santé en
Argentine ! |
A notre arrivée dans la première grande
ville argentine,
Salta,
nous avons dévalisé un
supermarché. Puis trois semaines en
France
para casar
Manu et Marcos, baptiser Paul et se faire choyer par
nos familles nous ont permis de regarder notre séjour en
Bolivie d’un
œil plus serein… D’accord, ça
ressemblait plus à un stage commando
qu’à
des grandes vacances, mais c’était
grandiose… d’ailleurs, il se
pourrait bien qu’on y retourne !