Chiapas, ME,
février 2006
Difficile de quitter la douce torpeur de
Zipolite, mais le
Chiapas nous
appelle. A 30 km/h sur les routes de montagne, Romain pour copilote,
je n’en mène pas large. Heureusement, pas de
cagoule en
vue. Soudain une corde pour nous barrer la route, c’est une
embuscade… de vendeurs de bananes. Ouf ! En
évitant quand
même les photos-souvenirs sous les banderoles «
ici,
village zapatiste », nous arrivons sains et saufs
à
Tuxtla.
D’autres voyageurs moins chanceux tomberont bel et bien
aux mains de dangereux rebelles, mais en seront quittes pour une
poignée de
pesos,
pas de quoi faire frissonner les
collègues au retour…
La route serpente au milieu d’une belle forêt, mais
les villages que
l’on traverse semblent souvent faits de bric et de broc et
les
jeunes paysans, sur le bord de la route, seraient plus à
leur place dans les
cours de récré… Nous sommes dans
l’Etat le plus pauvre du Mexique, et
les Indiens, descendants des Mayas, y sont beaucoup plus nombreux (1/3
de la population contre 1/10e dans le reste du pays).
D’où la grogne et
les effets de cagoule…
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Notre
première visite sera pour le Cañon
del Sumidero, qui symbolise souvent le Chiapas.
C’est grandiose,
malgré le trafic bruyant des lanchas.
D'autant que notre guide n'hésite pas à couper le
moteur
pour aller titiller doucement iguanes, singes et crocos alanguis. |
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| A San Cristobal de las Casas,
nous nous
garons le long d’une jolie place à 5 min du
centre. Une véritable aubaine, même si
après trois
nuits blanches
rythmées par la musique des bars et celle des cloches de
l’église, nous
nous avouerons que le lieu est quand même un peu bruyant.
Mais San
Cristobal est vraiment une petite ville
enchanteresse… on
flâne, on
fait le marché, on visite le Musée de
l’Ambre. On se laisse charmer par Na Bolom, la
maison de Gertrude
Duby,
une Suisse qui a permis de sauver une communauté
indigène, les Lacandons...
grâce à ses photos. Le Chiapas a un
drôle
d’effet sur Charles qui deviendrait presque
dépensier par solidarité avec
l’économie locale ! Nous repartons donc avec un
énorme dictionnaire d’espagnol
(pour progresser plus vite !), deux tee-shirts Chiapas pour les
hommes,
et un parchemin maya, même pas marchandé...
renseignement
pris, il
s’agit de Chaac,
le dieu de la pluie, que l'on honore ici
bien plus qu’à Dijon. |
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| On nous avait
parlé de la réserve des habitants du Chiapas…
le seul
mauvais accueil, haut la main, sera celui de Gérard, un
libraire
français exécrable ! Quant aux Indiens, ils
s’ouvrent spontanément…
grâce à nos deux
"sésames". Les Indiennes se promènent
avec de
curieux baluchons où, recroquevillé, un enfant
sommeille… et elles
s’arrêtent souvent pour caresser la tête
lisse de notre muñeca.
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Sur
la place de la cathédrale, les petites vendeuses un peu trop
vite
grandies redeviennent de vraies petites filles, se disputant
l’honneur
de promener la poupée dans sa poussette. Elles sont si
joyeuses qu’on
propose de leur offrir leur portrait. Elles se figent donc
très droites
devant la cathédrale, à notre grand
désespoir, l’air sérieux et limite
inquiétant… Mais le résultat leur
convient, on file dans un point Kodak
et elles repartent guillerettes, leur sourire
compassé à la main. Vive le numérique ! |
| Le Chiapas
mérite vraiment qu’on s’y attarde, ne
sachant pas où nous
informer, nous nous inscrivons pour une visite guidée des
villages tzotztiles.
Manque de bol, le groupe est majoritairement anglophone et
la visite se fera donc… en anglais. On perdra donc certains
commentaires, sans même améliorer notre espagnol !
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Dans
l’église de San
Juan de Chamula, les Indiens assis à
même le sol sur des aiguilles de
pin, pratiquent leurs rituels vaguement coloré de
catholicisme. Quel
besoin avons-nous de nous immiscer là, au milieu de leurs
peines, de
leurs prières et de leurs petites bougies ? Le reste de la
visite sera
sur le même principe, petit tour à Zinecatan dans un
atelier de
tissage, où seul le "kidnapping" d’Inès
mettra un peu d’inattendu à
ce programme trop bien rôdé… |
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Mais
le Chiapas,
c’est aussi de superbes sites mayas, nous prenons donc
la route pour Palenque
avec un arrêt à Tonina. Des
centaines de marches
pour arriver tout en haut de la pyramide, adossée
à la colline. Tout en
haut, une vue époustouflante… et un bon
entraînement pour lutter contre
le vertige. Jusqu’à Palenque, la route
longue et sinueuse est
heureusement entrecoupées par des haltes
rafraîchissantes. Nous dormons
devant les eaux turquoise d’Agua Clara et
pique-niquons face aux chutes
de Misol-ha.
La région regorge de cascades et de piscines naturelles,
c’est un régal… |
| A Palenque, nous
pensons aller à la rencontre de ruines… et
c’est une
marmaille francophone qui nous accueille ! Des
Québécois, des
Toulousains, des Normands, en camping-car, en schoolbus, en bus
londonien à deux étages, en voyage depuis 2 mois,
1 an… 9 ans !!! Après
3 mois en "circuit fermé", c’est un vrai bonheur.
Enfin de la
compagnie ! Charles se saoule de conseils mécaniques, Romain
refait le
timide devant les filles, et moi j’observe,
médusée, ces drôles de
nomades… l’école
buissonnière a l’air de fonctionner, puisque
les Canadiens, qui passent tous les étés au
Mexique, sont trilingues à
l’âge où les autres commencent
péniblement l’apprentissage de la
première langue. |
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A
leur contact, on comprend qu’on n’a pas encore le
bon rythme pour
apprécier toutes les richesses du Mexique, mais promis, on
va essayer
de ralentir encore… Les ruines boudent un peu de
s’être fait piquer la
vedette, et nous ne les verrons que sous la brume…
romantique, mais pas
grandiose, dommage, parce que la plupart des voyageurs en ressortent
éblouis. D’autant que contrairement aux sites du Yucatan, les
accès aux
différents monuments sont encore ouverts, et on avale des
marches et
des marches pour accéder à des points de vue
magnifiques. |
Faîtes
le compte, une superbe ville, des cascades, des rivières
azurées, des sites mayas grandioses et d'autres plus
intimes, le Chiapas
pourrait bien être votre prochaine destination de vacances
! D'autant qu'on n'en est pas fiers, mais un peu pressés par
le
temps (!), nous n'y avons finalement passé que 8 jours,
alors
imaginez, avec 3 semaines...
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