Grecia, mai 2006

Le Costa Rica. Notre étape charnière. En y restant plus d’un mois, pour accueillir famille et amis et préparer le départ pour l’Amérique du sud, nous avons pris le risque de ne plus en repartir…

papillon Au contraire du Nicaragua, ce pays a plus la côte dans les salons de tourisme que chez les "gens du voyage"… trop cher, trop léché… et pourtant. Les toussotements du volcan Arenal, les singes qui surgissent au détour de la route ou l’ombre d’un bout de bec de toucan dans un arbre, ça n’a pas de prix !!! Dans ce zoo à ciel ouvert, on est retombé en enfance, à l’affût de toute trace de vie animale. En mal d'exotisme, on traque d'abord les colibris, les perroquets, les crocos, les paresseux, les toucans...
perroquet
capucin
singe ecureuil Mais une fois l'oeil exercé et la curiosité en éveil, tout devient féerique, le moindre papillon (les morphos bleus !), la moindre grenouille (microscopique mais terriblement venimeuse), le moindre oiseau qui frétille... grenouille
À Manuel Antonio, au milieu des iguanes, des tortues, des paresseux et des singes, nous avons passé des heures à courir après... les crabes, magnifiques ! Et nous avons regardé le bernard-l’ermite d’un œil neuf en apprenant qu’il était connu pour être la casa rodante du parc ! Romain, dompteur d’iguanes, nous a également impressionnés par ses qualités d’observation. Trop bavard pour surprendre les oiseaux, il s'est spécialisé dans le repérage des singes hurleurs, même au repos (donc silencieux).
crabe

cascade Côté paysages, nous avons dû faire une croix sur la côte caraïbe, la saison des pluies nous y ayant précédés. Mais nous avons eu un bel aperçu des richesses du pays. Les volcans surtout, Arenal et ses panaches de fumée, le cratère laiteux du Poas et les lagunes de souffre du Rincon de la Vieja. Et quelques plages quand même... Samara et Carillo pour la péninsule de Nicoya, Manuel Antonio et, en direction de la frontière panaméenne, les criques désertes de Dominicalito et las Ventañas… Après quelques kilomètres de mauvaise route et quelques centaines de mètres de dénivelé, c’est à chaque fois le dépaysement assuré. Climatiquement aussi, puisque fuyant la chaleur étouffante de la côte, nous devions ressortir polaires et cirés dès que nous prenions de la hauteur !
Bref, le Costa Rica est un pays magnifique, et pas besoin d’être Crésus pour être enchanté du voyage. C’est vrai qu’il existe un autre tourisme, pour Américains, dont les prix laissent souvent rêveur… nous y avons goûté le temps d’une excursion à Caño Negro, d’une balade à cheval ou d’une sortie en raft. Mais en faisant le choix des bus locaux, des petits sodas (gargotes) et des marchés, pas de risque de finir sur la paille. Avec notre maison sur le dos, tout au bout des chemins de poussière, nous étions les rois du monde... arenal

harve rincon Et côté mécanique ? On nous avait mis en garde sur l’état des routes au Costa Rica qui risquaient de mettre notre bolide à rude épreuve. Mais passant la frontière tractés par une dépanneuse, nous nous devions d’être optimistes. Un mécano providentiel, efficace faute d’être écolo, a massacré le pot catalytique et permis à Harvé de ronronner de plus belle. Il a encore fallu changer les bougies, les freins et constater deux crevaisons. En un mois et quelques pistes, une broutille. D’autant que la main d’œuvre revient aussi peu chère que les routes sont bonnes, c’est tout dire… 
Mais la route, ce n’est pas seulement slalomer entre les nids d’autruches. C’est un pont trop bas qui troue la Capucine, un camping trop "étroit" où nous manoeuvrons une heure avant de réussir à sortir, une pente mal estimée qui fige l’arrière-train d’Harvé dans le bitume. Des règles du jeu que mes parents, venus innocemment passer une petite quinzaine avec nous, ont accepté avec un flegme impressionnant. Même quand il a fallu défoncer la route sous le déluge… harve
kroline et vincent Car le Costa Rica, c'est le pays qu'ont choisi mes parents, puis Caroline et Vincent,  pour venir faire un bout de route avec nous. Il serait sans doute faux de dire que notre roulotte les a totalement conquis (à l'arrière, les couverts qui s'entrechoquent peuvent largement couvrir le bruit du moteur), mais elle est assez vaste pour accueillir deux baby-sitters de plus, l'ambiance n'en n'est que meilleure !  
Expérience réussie donc, vivement qu'elle se renouvelle, le rendez-vous est pris en Bolivie, avec Astrid et Alexandre, candidats de l'extrême...
parents

Quant aux Costaricains… un mécano (d’origine nicaraguayenne !) fut notre premier contact. Laissant son apprenti nager dans le cambouis, il nous a pris sous son aile, raconté sa vie, sa famille, son histoire… insisté pour nous donner le plein d’eau et pour qu’on dorme dans son jardin. Etourdis par un tel accueil après bien des jours de galère, il nous a fallu quatre bonnes heures pour repartir, en arrachant Romain du quad électrique. Cette générosité nous a accompagnés tout au long du séjour, à quelques exceptions près. Paradoxalement, c'est ici qu'il a fallu être le plus vigilants dans les rendus de monnaies et aux contrôles de police : pour une ligne continue à demi effacée, on s'est pris une amende, allégée si on la payait de la main à la main... et finalement annulée grâce à notre entêtement à vouloir la payer légalement !
johanne Sur Voyageforumcom, j'avais trouvé les coordonnées d'une Québécoise installée à Grecia, une petite ville sur les hauteurs de San Jose. Difficile de décrire ce qu’on a partagé avec elle, de petite virée en faux départ, nous finissions toujours par revenir à Grecia, son B&B nous attirant comme un aimant ! rocio
Francophones ou ticos s’y croisent, c’est un peu l’auberge espagnole, et nous, au milieu, nous avons joué les "squatters de compagnie". Romain avait un copain, nous une amie, Inès des baby-sitters à tire-larigot… Après des mois de nomadisme, ça babillait pendant des heures, en français, en espagnol, dans la véranda, dans le jardin, dans le hamac… Mais une ombre noircissait le tableau… plus les jours passaient et plus il semblait illusoire de pouvoir rejoindre l’Equateur depuis le Costa Rica. Alors, le cœur en miettes, on a repris la route… mais on a vraiment du mal à tourner la page !!!
cedric



Plus de photos
...