| Quittant Buenos Aires,
nous affrontons la pluie en Uruguay, puis la canicule
au Brésil, et avalons des kilomètres (seule
façon
d'avoir un peu d'air dans le camping car) jusqu'aux Missions
Jésuites, ou plutôt ce qu'il en reste. Ces
magnifiques
édifices ont été tellement
pillés
qu’il ne reste plus que quelques murs en ruine, quelques
blocs de
pierre rouge qui défient encore la forêt
tropicale. Mais
les Jésuites devaient avoir quelques notions de Feng-shui,
et
les lieux dégagent encore une
sérénité
fascinante. |
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| C’est donc sereins que nous reprenons la route, et sereins toujours que nous accueillons le claquement sec sous le capot à 50 km d’Iguazu. Malgré la révision complète à Buenos Aires, ce 14 mars à midi, veille de mon anniversaire, nous comprenons que nous ne ferons pas un mètre de plus. Toujours sereinement, Charles part à la recherche d’une dépanneuse, tandis que nous nous préparons à l’attendre, en pleine chaleur bien sûr, dans le camping-car qu’il ne serait pas judicieux d’abandonner seul sur le bord de la route. |
| Une
scène qui en font ressurgir
d’autres identiques, au Nicaragua, en Bolivie… Charles comprend très vite que Puerto Iguazu, malgré l’attrait touristique des chutes, n’est pas exactement la ville la plus développée d’Argentine. Il revient avec une dépanneuse qui accuse bien plus d’années que moi au compteur (et incontestablement moins bien conservée). Indescriptible, le retour, 2h pour faire 50 km, arrêt tous les 8 km pour cause de "surchauffe"... de la dépanneuse ! |
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Et là, la réalité dépasse la fiction. En résumé, il a fallu sortir la boîte auto, la renvoyer à Buenos Aires, attendre les résultats d’expertise et la réparation, puis la récupérer. Mais de situations kafkaïennes en scènes ubuesques, cela a pris 3 semaines et coûté à Charles pas mal d’énergie, de pesos et d’illusions… mention spéciale à Alcide, le mécano, qui nous a posé un lapin deux après-midi d’affilée alors que la boîte était enfin là, prête à être remontée, et qui s’est permis de mettre gentiment Charles en garde : "il faut te calmer, tu sais, sinon tu vas tomber malade et du sang sortira de ton nez"… |
| Cette attente restera un souvenir pénible. Non pas à cause d'un programme ficelé à 3 semaines près (loin de là !), mais parce que c’était justement le moment choisi par la famille pour venir nous rejoindre… au Brésil ! Arrivés à Sao Paulo, Caro, la sœur de Charles, Vince et Paul (9 mois), ont vaillament poursuivi jusqu’à Iguazu pour nous retrouver. Un peu honteux de les priver de leurs vacances plage-tongues-et-caipirinha, nous nous creusions la tête pour rendre Puerto Iguazu attractif. Mais après avoir crapahuté plusieurs jours sous un soleil de plomb avec non plus 2 mais 3 bambins dégoulinants, nous nous sommes sagement repliés... | ![]() |
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... sur la piscine du camping ! Tandis que Charles était pendu au téléphone et que je bouillonnais intérieurement de ne pas être plus utile, la petite famille s'épanouissait au soleil. Vince et Caro soignaient leur bronzage et leur petit baigneur, Romain découvrait soudain qu'il savait nager et Inès coulait discrètement (merci Vince d'être allé la repêcher! ). Quant à Paul, il s'est mis à grandir plus vite pour rattraper les cousins, et ravi d'être de l'aventure, il s'est adapté sans broncher au rythme et à la chaleur des tropiques... |
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Pour
être francs, ils n'ont pas trop
regretté d'avoir bouleversé leurs
vacances, et nous n'avons pas eu trop mauvaise conscience non plus.
Parce qu'il
était
temps que j'y vienne, à Iguazu,
il n'y a pas que les
mécanos
qui dépassent l'entendement, il y a aussi les CHUTES !!!!
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Impossible de
traduire leur
immensité, et la beauté du parc
côté
argentin… malgré la chaleur, nous courons
d’une passerelle
à
l’autre, émerveillés d'approcher les
chutes de si près et sous tous les angles. Aucun chiffre ne
peut rendre le spectacle de ces eaux quasi dormantes qui se
déchaînent soudain dans un plongeon de
plusieurs dizaines de mètres de haut.
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De certains balcons, les chutes font office de brumisateur naturel, mais quand il fait 40°C à l’ombre, il faut utiliser les grands moyens. Séquence frisson revigorante dans le bateau qui nous conduit pile sous les chutes… mauvais joueurs, Romain et Inès nous font savoir qu’ils n’apprécient pas du tout cette douche forcée… et encore moins le "bis" que nous réclamons enthousiastes comme la plupart des voyageurs, malgré la réprobation perceptible de quelques mamas argentines... |
| Heureusement, le petit train est là pour les consoler, ainsi que les habitants des lieux qui viennent nous saluer : coatis, toucans, croco, tortue... et des milliers de papillons bariolés, que l'on ne se lasse pas d'observer, fascinés. C'est que contrairement aux groupes de touristes qui défilent, nous, on a tout notre temps. Si bien que 3 semaines après notre arrivée, la lune, elle, n'ayant pas chômé, nous avons le privilège de revenir une dernière fois, de nuit, pour l'admirer, toute ronde, au-dessus de la Garganta del Diablo... ma-gi-que ! | ![]() |
| Un petit mot quand même sur le côté brésilien... il offre une vue panoramique spectaculaire sur les chutes, délicatement saupoudrée de quelques arc-en-ciels. Ayant déjà fait le tour en bateau côté argentin, nous avons opté pour la visite du Parc aux oiseaux attenant. Un zoo amélioré, mais un zoo quand même, où le toucan est proche mais bien mélancolique…... sauf quand un petit Romain laisse traîner une voiture scintillante… ah, de mémoire de toucan, ça fait longtemps qu’on ne s’était pas autant amusé ! Les perroquets, eux, gloussent à la vue des touristes qui s'aventurent avec précaution dans leur volière... ou des plus téméraires qui tentent la photo souvenir, n'est-ce pas, Paul ? | ![]() |
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| Un beau
jour, le camping
car a pu enfin rouler, mais
on s'est aperçu que les vitesses ne passaient plus parce
qu’une petite pièce du puzzle
s’était perdue en route. Par superstition
peut-être,
pour mettre un terme à cette série noire,
même
à 30 km/h nous avons
préféré fuir Puerto Iguazu.
À 15 km de
là, côté brésilien,
malgré leur
"drôle d'espagnol", les gens se sont montrés
efficaces,
dynamiques et disponibles même en plein
après-midi. Comme quoi il y a plusieurs façons de
"parler la même langue"... Pour cet
épisode, je
tiens à déculpabiliser Harvé, si le
mécano
de Mendoza avait fait du bon travail (!), si celui de Buenos Aires
avait été un peu moins sûr de lui, on
aurait pu
éviter ce cauchemar. Heureusement, alors qu'on perdait
espoir,
Jorge le porteño
nous a filé le coup de main
décisif... et rappelé toute la gentillesse des
Argentins.
Muchissimas gracias y hasta
pronto, Argentina !
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