Mangue seco, juin 2007

Nous voici à la fin du voyage, mais loin d’être nostalgiques, nous sommes fiers (et soulagés ?) d’être arrivés à bon port... alors, pour fêter ça, nous nous offrons une dernière petite virée au nord de Bahia !

Après le camping car, nous optons cette fois-ci pour les transports locaux et les sacs à dos, mais devant les 18h de bus jusqu’à Olinda et la faible différence de prix, pas d'hésitation, on prend l'avion !
Accoutumée à notre rythme d’escargot, j’ai quand même tendance à oublier que nous venons d’avaler 850 km et ne peux m’empêcher de voir Bahia et Olinda comme deux charmantes voisines... Il faut dire que leur cachet colonial les rapproche, même si Olinda paraît franchement plus calme. La vieille ville abrite un tas d'ateliers d’artistes dont il est hasardeux de présager les heures d’ouverture... heureusement, l'art est partout à Olinda, particulièrement dans les églises, qui, elles, sont ouvertes... 
olinda

Nous poussons quand même la porte d'un atelier, en face de notre pousada, celui d'Antoine, un peintre franco-brésilien. Comme aux Chaussende-voyageurs quelques semaines avant, il nous livre les clés du paradis : l'Alagoas, à 2h d’Olinda.
Un plan du site dessiné à la main achève de nous convaincre, en route pour la chasse au trésor ! Nous passons un très bon moment avec lui, craquant au passage pour ses mers émeraudes immobiles...
C'est Romain, qui, en se réveillant à
Japaratinga, dernier village avant de prendre le bac, remarque la ressemblance : "oh, c’est comme la mer de chez Antoine !". Fascinés, nous admettons en effet que nous admirons cette même mer épurée à l'extrême que nous croyions sortie de l'imagination du peintre...  comme cette palette de bleus et de verts... c'est magnifique !
croquis
mer porto da rua Des bancs de sable se dessinent puis disparaissent au gré de la marée, créant des bassins naturels et des nuances changeantes dans la mer turquoise. A l'horizon, l'écume créée par la barrière de corail, quelques piquets de pêche et de temps en temps, une vieille barque de pêcheurs...
Installés dans un bungalow sur la plage, alanguis dans le hamac, nous ne perdons pas une miette du spectacle...
Sauf... que si on était vraiment au paradis, il n’y aurait pas de saison des pluies ! Une vraie tempête tropicale s'annonce. Romain reste toujours optimiste, "ici, les pluies ne durent jamais longtemps", et Charles parie lui aussi sur le retour du soleil. Peut-être pour ne pas se séparer d'Angela, qui nous soulage du ménage, du linge, de la vaisselle et de la tambouille en échange de quelques reais.
Mais au bout de trois jours d’averses diluviennes nous sommes à court d'idées. Notre seule velléité de balade, pour visiter une ferme, a tourné au désastre, sur une piste défoncée par les pluies. Les enfants trompent leur ennui avec des déguisements improvisés et des ballons gonflables, et nous, avec un petit scrabble de voyage qui attendait sagement son heure depuis le début du voyage ! 
on se deguise

Comme nous préférons encore la pluie des villes à la pluie des champs, nous fuyons jusqu’à Maceio. Le ciel n'est pas forcément moins chargé, mais la ville offre des activités plus variées, et j'ai un bon prétexte pour traîner la petite famille dans les marchés d’artisanat, bien moins chers qu'à Salvador. La plage de Maceio n’est pas désagréable pour une plage urbaine, et on y trouve de curieuses embarcations : les jangadas. Nous profitons d’une éclaircie pour filer jusqu’aux piscines naturelles... la mer est trop agitée en cette saison pour être limpide, mais la balade dans ces coquilles de noix (de coco !), en écoutant le vent dans la voile, est un joli moment de sérénité...  maceo

romain Nous reprenons la route, et au bout de 6h de bus, 1h de taxi et 25 min de bateau, nous débarquons à Mangue seco.
Il y a quand même un avantage à voyager pendant la saison des pluies, nous sommes accueillis comme le Messie et on nous offre avec empressement la meilleure chambre à prix cassé. La pousada Grao de Areia ne déroge pas à la règle, et Julião se met en quatre pour nous être agréable. Quel accueil !
ines
nous Le village lui-même n’a rien de bien particulier, alors nous poussons jusqu’à la plage... et là, c'est le coup de foudre ! Le soleil est de retour, et la plage s'étire à perte de vue... aussi, sans un sou en poche, nous mendions un déjeuner à crédit dans une paillote pour apprécier chaque minute de cette éclaircie tant attendue. Requête acceptée, mais forcément, dans une ambiance aussi relax, le serveur oublie notre commande, et nous attendons 1h30 notre déjeuner, quand même le record du voyage ! Tant pis pour la sieste dans le hamac, Inès est bien trop occupée à savourer son poisson-riz-feijões...
Mangue seco n'a pas fini de nous surprendre. Au bout de la millième sollicitation, nous acceptons le tour en buggy visiblement incontournable. En guise de "tour", le buggy se contente de grimper une dune, au bout du village, mais quelle vue ! Nous y retournons (à pied cette fois !) en fin d'après-midi, les cocotiers s'enflamment dans le soleil couchant, les enfants, ivres, dévalent les dunes, et nous, de mémoire de "jeunes parents", c'est bien la première fois que nous nous avouons déçus que la journée se termine...
pano
complices

Et encore, ce n'est pas fini... il reste à découvrir Coqueiros, le "vrai" bon plan des Chaussende, à 6 km de Mangue seco, sur la plage... La côte est protégée, mais avec ses 4 modestes cabanes, Massimo l'Italien ne gêne pas grand monde.  On joue les Robinsons, au rythme du soleil, les douches à l'eau du puits, et les pieds dans le sable. De magnifiques cocoteraies tout autour, une plage déserte et une paix absolue... c'est ça, le LUXE, non ? 
Encore une fois l'orage finit par nous chasser, mais nous sommes heureux que notre route ait pu croiser pour quelques jours celle de Massimo des Cabanes...
cabane

coqueiro

Dernière étape, Praia de Forte... plus du tout le même Brésil, et même plus le Brésil du tout. Mais des voyageuses qui forcent le respect viennent depuis l'Afrique pour y pondre... sur la plage encore préservée, j'assiste ébahie à la course vers la mer d'une dizaine de bébés tortues (en plein mois de juillet ?!)... Délicatement, je les aide à atteindre la mer, à la fois ravie de ce joli cadeau et frustrée de ne pas pouvoir le partager. Quand nous y revenons tous les 4, elles sont déjà loin, pressées de quitter le Brésil... forcément, c'est facile aussi quand on y revient chaque année !  praia do forte

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