Pour
résumer la situation, nous pensions accueillir mes parents,
ma soeur et son mari, en
vieux briscards du Brésil,
havaianas au
pied et
todo bem
au bec… mais 3 jours avant leur
arrivée, nous sommes toujours à la
frontière avec
l’Argentine, Harvé réparé
mais
bridé… à 30 km/h. Alors que nous nous
résignons à les rejoindre en bus, le
mécano
d’
Iguaçu
a un éclair de
génie… et
Harvé vrombit à nouveau !
Il nous reste 1 jour et demi pour rejoindre
Rio (1500 km),
c’est
un pari risqué vu l’état des routes,
mais ça
se tente. Le 7 avril, à 2h du matin, nous nous garons
triomphalement à l’aéroport…
3h avant
l’arrivée du vol !!! Belle performance.
Évidemment,
l’effet de surprise est total et les retrouvailles aussi
joyeuses
qu’inespérées. À
côté, une
fille de Nouvelles frontières accueille elle aussi un groupe
de
vacanciers, avec de belles pochettes de voyage et un programme
soigneusement ficelé...
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Chez
nous, bien sûr, c’est l'improvisation
totale…
on n'a même pas eu le temps d'acheter une carte du pays
valable. Nous nous
laissons guider par les Toulousains, en pleine forme, alors
que
nous sommes à ramasser à la petite
cuillière. Les
enfants ont l’air
un peu patraques, un petit séjour à Ilha
Grande devrait les requinquer. Petit paradis
tropical, une pousada
par habitant, on a vite
fait de se sentir
revivre… L’île foisonne de sentiers de
randonnées, mais Grand-père
est prêt à toutes les concessions pour ses
petits-enfants et nous
passons donc plus de temps sur les bateaux que sur les chemins pour
découvrir nos premières plages de carte
postale. |
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Tout
y est : la mer
turquoise, le sable blanc et les cocotiers sous l’ombre
desquels notre
petite Sirène joue les Belles au bois dormant…
Finalement, c'est tous ensemble que nous découvrons le
Brésil, les premiers bains de mer et la caipirinha. Nous
avons une petite longueur d'avance quand même : notre
bronzage " iguazu"
! |
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Nous
reprenons la route avec deux objectifs : Parati et un
pédiatre,
puisque Inès et Romain persistent à ne pas
vouloir guérir. Une chance,
le camping où nous nous installons est en face de
l’hôpital. Pratique
puisque nous nous y rendons tous les jours… pendant 4 jours
: Inès a
une bronchite, qui nécessite des inhalations quotidiennes
dans un
appareil antédiluvien. Elle ne verra pas grand chose de Parati, la
pauvre, et malgré beaucoup repos, le 2e pédiatre
diagnostique un début
de pneumonie. Dans le camping car, les heures de sommeil sont rares,
rythmées par les quintes de toux
d’Inès, c’est marrant, on ne les
imaginait pas comme ça, nos nuits blanches
brésiliennes… |
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Heureusement,
malgré leurs courtes vacances, les Toulousains sont
solidaires. Les équipes tournent, pour musarder dans les
rues pavées du
vieux quartier, visiter la baie dans des bateaux de
pêcheurs… ou jouer
les garde-malade au camping. Romain, lui, guérit
miraculeusement à la
vue d’un autre camping car bien connu, celui des 3 enfants
Chaussende ! |
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Avant
de rejoindre Rio,
nous faisons un détour pour visiter le
parc d’Itatiaia,
décevant (hors saison, la plupart des
chemins d’accès sont
fermés). Mais alors qu’Inès semble se
remettre doucement, Romain a la
généreuse idée de partager avec elle
un petit virus ramassé en chemin.
Retour à l’hôpital, cette fois pour une
gastro toute fraternelle…
Depuis 17 mois de voyage, seule la Bolivie avait mis à mal
la santé de
fer des enfants, et nous avions été
très agréablement surpris par les
services pédiatriques boliviens. Mais que dire du
Brésil… comme en
Bolivie et en Argentine, les hôpitaux sont gratuits, mais
là, le manque
de moyens est flagrant.
A Itatiaia,
les infirmières ondulent
dans des
combis blanches moulantes qui rappellent furieusement la grande
période
du Disco (dans le style ABBA, vous voyez ?), mais
l’équipement de
l’hôpital semble se réduire au
stéthoscope que le jeune médecin porte
autour du cou. Souriant avec résignation, il me
félicite de vivre dans un pays
développé. Maigre consolation
puisque je suis pour
l’instant au Brésil, avec deux enfants
perpétuellement agressés par de
méchants virus. Trois heures plus tard
(!), les résultats de la prise de sang sont heureusement
négatifs, nous
laisserons donc le temps guérir les enfants.
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| Nous sommes impatients de
partir à l’assaut de Rio…
N’ayant toujours aucun plan
de ville détaillé, nous traversons sans complexe
la plupart des quartiers du centre pour rejoindre Copacabana. Et trouvons miraculeusement
à nous garer
dans une rue
où des sociétés de surveillance
tournent 24h/24 et veilleront donc au
bien-être d’Harvé. Car, pour bien
profiter de Rio,
nous avons réservé 2 petits
apparts par une agence citée dans le guide du
routard (www.alexrioflats.com). |

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| Alex,
le
proprio, nous met tout de suite à l’aise dans un
excellent français et
nous offre le luxe de loger à deux rues de la plage de Copacabana,
entre le Sofitel et le Mercure, à un prix nettement plus
démocratique ! Une ville magnifique, un lit douillet et une
douche à volonté,
forcément tous les ingrédients sont
réunis pour que nous jouions les
prolongations ! Ce qui nous permet de rencontrer aussi la femme
d’Alex, Danielle, de savourer chez eux les
spécialités du pays, et
d’être initiés au fameux churrasco : un
ballet de serveurs
proposant sans relâche toutes sortes de viandes succulentes
à la
broche… les Brésiliens en sont
aussi fiers que les
Argentins de leur parrillada,
et on les comprend
! |
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Pour
apprécier Rio,
rien de tel que de prendre de la hauteur… monter au Corcovado,
y saluer le Christ rédempteur et l’envier aussi un
peu… quel vue il a, ce Christ, la baie de Rio à
ses pieds ! En jouant des coudes, nous arrivons à
être les seuls dans le cadre, et prenons la pose
avant le départ de Manu et Marcos, sniff... On grimpe
ensuite
dans le téléphérique du
Pain de sucre pour compléter la photo à
360°. Vu du ciel, difficile de
dire qui a l’avantage, de la ville, de la mer ou de la
forêt...
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Pour
changer de perspective, direction Niteroi
(on se
casse le nez sur le musée Niemeyer fermé !) et Paqueta,
une île où l’on se
déplace exclusivement en carrioles à cheval, pour
le plus grand bonheur
des enfants. Après quelques jours, les grands-parents nous
abandonnent à leur tour, c'est déjà
triste de voir
partir la famille, on ne
va pas en plus quitter
Rio ! Alors on reste, et dans un rythme plus "voyage au
long cours",
nous flânons dans les églises du Centro, le
tram de Santa Teresa,
le jardin botanique, la feira
hippie
d’Ipanema, même si nos pas nous
ramènent
immanquablement sur Copacabana…
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Copa, Copacabana…
la première réaction a été
la déception, devant les buildings sans âme
hérités des années 70/80.
Mais il
suffit de quelques pas sur le front de mer pour que le
charme agisse. |
| Quand
la nuit tombe, vers six heures, les
réverbères inondent la plage
d’une lumière irréelle,
bientôt suivie par un flot d’enfants, de
ballons, de joggeurs, de marcheurs "dynamiques",
de flâneurs, de vendeurs ambulants... (mais
paradoxalement peu de nymphettes "Schweppes",
elles préfèrent Ipanema, la plage
voisine !).
Nous dépoussiérons nos baskets pour entrer dans
la course, sur les mythiques mosaïques noires et blanches.
Avant de siroter une caipirinha
ou deux, en compagnie des Chaussende, un oeil sur le spectacle urbain
et l'autre sur les châteaux de sable des enfants... |
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Pas
d’angélisme, Rio
ne se résume évidemment pas à Copacabana… et
un déjeuner avec Alain, qui travaillent aux
côtés
des enfants des rues, nous ramène à la dure
réalité. Mais les circuits touristiques dans les favelas nous
paraissent un peu déplacés, d’autant
que de
violents affrontements ont lieu pendant notre séjour et
qu’un rapport d’Amnesty
international
tire la sonnette d’alarme sur les
violences au Brésil. Nous nous contentons de lire,
interloqués, les descriptions d’un autre touriste,
Stefan Zweig, qui
déplorait en 1941 la disparition probable des favelas, "cette vie
naturelle, au milieu de la civilisation", "ces magnifiques et
pittoresques cabanes de
nègres", où "pour ces
êtres sans méchanceté,
un étranger qui se donne la peine de venir dans ce
quartier perdu est le bienvenu et presque un ami".
Qu'il soit rassuré (sic), elles sont toujours
là.
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