| Une fois de plus, nous quittons Salta ravis de reprendre la route. Nous bifurquons vers Cachi, et retrouvons les joies de la piste, de la poussière et de l’altitude ! Au pied de la petite chapelle de la Piedra del Molino un panneau nous confirme que nous sommes à 3400 mètres. |
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Nous traversons le Parque de los Cardones, le cardón étant une variété de cactus emblématique de cette région du Nordoeste. Personne à l'horizon, si ce n’est un garde qui nous précise qu’il est interdit de passer la nuit dans le parc, "parce qu’ils sont trop peu nombreux pour assurer notre sécurité" (!). Il est vrai qu’à la tombée de la nuit ces cactus géants prennent soudain des formes menaçantes… | ![]() |
| Nous arrivons à Cachi le lendemain. Un vrai village de carte postale, des maisons en adobe d’un blanc aveuglant, quatre ruelles pavées qui se rejoignent sur la place centrale, où se dressent la petite église et le musée archéologique à arcades. Le village paraît désert, écrasé par la chaleur, et ne s’animera que le soir, vers 21h, à la sortie de la messe. Dommage, c’est justement l’heure où nous, nous recherchons le calme. Mais contrairement à nos graines de baroud’, qui tombent de sommeil, les petits Argentins, eux, vivent la nuit dès leur plus jeune âge ! | ![]() |
| La ruta 40 est à la hauteur de sa réputation. Une belle tôle ondulée comme on l’aime ! À 20 km/h, on s’entend encore parler, à 40 km/h, tout le monde se bouche les oreilles. Quelques photos à la volée, une crevaison, la routine quoi… À Molinos, l’église et les bâtiments attenants, jaunes à volets verts, ont un petit air provençal. Mais en bordure du village, on retrouve les maisons en adobe caractéristiques de la région, et dans la cour, l’immuable four à pain, ou plutôt, à empanadas. Les maisons typiques des vallées possèdent en outre de grandes colonnes néoclassiques... attachement à l’époque coloniale ou snobisme local ? | ![]() |
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Après Angastaco, blotti dans la roche, on se fraye un chemin au milieu d’amas rocheux impressionnants. Difficile de rendre l’immensité de ces vallées de grès rouge, érodées par le vent et la pluie. On voudrait oublier le temps, regarder ces paysages lunaires s’embraser dans la lumière du soir puis se réchauffer doucement au petit matin. Mais la qualité de la route ne nous incite pas à traîner, alors on repart sur cette maudite tôle ondulée ! |
| Cafayate est enfin en vue. Le village a gardé un petit air colonial et il fait bon déambuler sur l'exotique place centrale, un joli fouillis végétal ! Mais ce qui pousse encore de mieux ici, c’est la vigne, et le vin blanc Torrontés de Cafayate est le plus réputé du pays. Visite de cave et dégustation, une impression de "déjà vu"… nous ne sommes ni fins connaisseurs ni familiers du jargon œnologique, pas plus que nous ne l’étions à Dijon, mais ici, être Français est déjà une valeur ajoutée ! | ![]() |
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Nous repartons vers le Nord pour traverser la Quebrada de Cafayate. La route serpente au milieu d’immenses roches rouges, impressionnantes malgré un temps mitigé. Nous croisons un renard et de beaux perroquets bleu et vert qui finissent de nous convaincre : nous passons la nuit en pleine nature, pour admirer tout ce petit monde avec une météo plus clémente. Les rayons de soleil nous titillent au réveil, mais ils seront encore bien trop rasants pour donner toute sa splendeur au site. Tant pis, encore une fois, il faut rouler… |
| Après un détour regretté à Tafi del Valle, nous atteignons deux sites aux noms quechuas magnifiques, Ischigualasto et Talampaya, deux formations géologiques à couper le souffle. Ischigualasto signifie "Terre sans vie", c’est une nouvelle Valle de la luna, qui nous rappelle celle de San Pedro. Romain est ravi, parce que cette fois, la lune est vraiment là ! Certains rochers semblent tenir en équilibre et c'est d'ailleurs le cas, "La lampe d'Aladin" a fini par tomber, le "submarino" a l'air bien fragile... | ![]() |
| Bizarrerie peu écolo, Ischigualasto se visite en convoi, chacun avec son propre véhicule, nous nous retrouvons donc en camping car derrière une demi-douzaine de voitures de location. Mais une nouvelle crevaison nous retarde sans que personne ne s’inquiète de notre défection, et nous voilà perdus au milieu du parc, devant un réseau de pistes enchevêtrées… nous ne sommes pas sûrs d'avoir bien compris l’utilité du convoi ! | ![]() |
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C’est à Ischigualasto que nous admirons nos premiers guanacos. Leur tête et leur pelage sont plus sombres que ceux des vigognes, mais la silhouette reste la même. Le soir, nous observons en douce un renard venu fouiner dans les poubelles du site. Après avoir ainsi fait connaissance avec les habitants des lieux, nous allons au musée rendre visite à leurs prédécesseurs, d’énormes dinosaures parmi les plus anciens de la planète ! Encantados… |
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A Talampaya, le parking est également aménagé pour les campeurs. D’ailleurs, 5 ou 6 campings cars allemands nous ont précédés, surréaliste… Le cadre est magnifique, et nous croisons encore quelques renards, dans la lumière du soir… À cause du vent, nous remettons la visite au lendemain, belle erreur, la matinée sera nuageuse (fait rarissime ici !). Le site est quand même impressionnant, et nous avons la chance de croiser un ñandu (sorte d’autruche) et quelques condors… Romain débusque aussi un petit rongeur, mais ses cris pour nous appeler le font déguerpir bien vite… il a l’œil du sioux mais pas encore toute les ruses ! |
| Mendoza est une des
villes les
plus agréables que nous ayons croisées sur notre
parcours. Pas de
bâtiment exceptionnel, car la ville a subi plusieurs
tremblements de
terre, mais elle cache ses cicatrices sous une marée
d’arbres, des
platanes, des sycomores… La vie de Mendoza
s’organise autour de ses innombrables plazas,
où les Argentins semblent oublier complètement la
notion du temps. Les
jacarandas sont en fleur, et leur belle couleur violette nous renvoie
quelques mois en arrière, sur la place d’Antigua,
au Guatemala.
C’est vrai que cette année, nous vivons deux
printemps en 6 mois, le luxe !!! Tandis qu’Harvé se refait une santé, nous accueillons les parents de Charles dans une petite cabaña (au camping Suizo). Après leur long voyage, ils sont enchantés par le cadre fleuri, la terrasse sous la tonnelle, et la piscine… vide, manque de chance ! Ils sont ravis de pouponner, et nous, ravis de souffler un peu. Et de profiter de cette immersion citadine. Du moins, une fois qu’on en connaît le rythme… parce qu’entre 13h et 17h, Mendoza est une ville morte, c’est l’heure de la sieste… |
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À cause de nouveaux délais infligés par le garagiste, des mesures s'imposent. Tant pis pour le Chili, nous n’irons que jusqu’à la frontière en voiture de location pour que Jacqueline et Patrick fassent un petit tour dans les Andes. Puis, ils décident de partir en éclaireurs avec les enfants pour prier les Baleines de la péninsule Valdés de nous attendre encore un peu. Au terminal de bus, Romain est excité comme une puce, s’il savait qu’il en a pour 24h, il aurait un air plus résigné, comme Patrick par exemple… |
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À Mendoza, nous profitons de cette lune de miel improvisée. Pas d’enfant, pas de camping car, des soirées qui s’étirent et des matinées qui paressent… les bife de chorizo (délicieux steaks d'un bon demi kilo en général) et le goûteux Malbec local nous aident à tromper l’attente. Un peu étourdis et presque honteux d’avoir autant de temps libre, nous nous trouvons une occupation "sérieuse", Charles, l’espagnol et moi, le carnet de route. |
| Et les jours passent… tandis que notre mystérieux convertisseur (la pièce que nous attendons tant) flâne quelque part entre Buenos Aires et Mendoza. Les promenades sur les plazas commencent à nous lasser un peu, tout comme ces couples lassifs qui prennent racine sur les bancs publics, comme dans une BD d’Agrippine. L’hôtel Zamora choisi pour son calme et son patio andalou, nous sort peu à peu par les yeux, à moins que ce ne soit le pas traînant de la patronne, l’œil torve et le visage fardé sans expression. Plutôt que de céder à nos pulsions meurtrières, nous allons courir, très très longtemps, et surtout, nous quittons l’hôtel pour une AJ. Enfin des échanges, de la vie, un accueil dynamique et jovial ! |