LES
DÉROUTÉS . com
20 mois en vadrouille de
San Francisco à la Terre de Feu
Dernière
mise à jour : 22
octobre 2006
LES
DESSOUS D'HARVE (notre roulotte)
N'ayant jamais
fait de camping-car avant ce voyage, nous avons vraiment
découvert la vie en roulotte ici. Harvé, notre
camping-car,
a la taille moyenne de ce que l'on trouve aux Etats-Unis : 8
mètres bien tassés. Alors évidemment,
après
avoir commencé avec ça, je ne sais pas si l'on
pourra
s'adapter aux modèles européens, mais on n'en est
pas
là ! Voilà toutefois les petits trucs qu'on a
découvert.
- ferry
trans-océanique ou achat sur place ?
- choix d'un camping-car aux
Etats-Unis et petites tracasseries administratives
- Essence
- Eau
- Gaz
- Electricité
- Matériel de
dépannage
- Glossaire
- ferry
trans-océanique ou achat sur place ?
Après
renseignement, nous avons calculé qu'un trajet en ferry
aller-retour entre la France et l'Amérique du nord
reviendrait
environ à 3000€ rien que pour le camping-car. En
2007, il
apparaît que cette somme aurait été
bien plus
élevée encore. Le
dollar
n'étant pas très fort et les Etats-Unis
offrant
un large choix de modèles, il était
très
intéressant, dans notre cas, d'opter pour la 2è
solution
: débarquer avec nos sacs et faire le tour des
concessionnaires
américains.
Le challenge était un camping-car en moins de 10 jours. Nous
l'avons trouvé en 1 semaine ! ouf !
Le revers de la médaille :
- les dimensions (pas facile de trouver quelque-chose à
taille humaine !),
- la revente (nous avons prévu de repasser par les
Etats-Unis au
retour si nous n'arrivons pas à le revendre au
Brésil),
- les équipements (110 volts), ce qui n'est pas un
problème en Amérique Centrale, Colombie,
Equateur, Pérou et Brésil,
- les problèmes administratifs (paiements, papiers, plaques)
: voir ci-dessous.
Les prix : le nôtre nous a coûté 16000$,
auxquels il
faut ajouter 2200$ de "mise en condition" pour le voyage (dont l'achat
du panneau solaire) et 1300$ de taxes de vente au profit du DMV
(Department of Motor Vehicles). Tout cela pour un class c
de 27 pieds, de 1991, tout équipé (clim,
micro-ondes et
générateur). Il avait 74000 miles et
était en bon
état (il l'est toujours d'ailleurs !)
- choix d'un camping-car aux
Etats-Unis et petites tracasseries administratives
On le voulait
confortable mais maniable,
récent mais discret, bien équipé mais
pas cher, et
tout un tas de critères comme ça.
Après quelques
compromis, il est grand mais encombrant, discret d'aspect mais un peu
vieillot, bien équipé mais un peu lourd. Bref,
chacun ses
goûts ! Voilà ce qu'on a pu constater :
- Pas mal de choix en Californie. Sur la côte, il y a surtout
des
grandes chaînes (Cruise
America
entre autres) qui proposent soit du neuf, soit du "refait à
neuf" (ils rachetent des camping-cars de 2 ou 3 ans et refont tout, ils
les garantissent 5 ans en général). En gros, des
produits
très fiables et rutilants, mais assez chers. Pas trop notre
trip,
quoi ! (Par exemple, pour un class
c de
24 pieds avec une centaine de milliers de miles au compteur, compter
environ 25000$). Dans l'arrière-pays par contre, nous avons
trouvé beaucoup de
petits concessionnaires (des entreprises familiales) qui proposent
toute sorte de produits d'occasion. Ça va du vieux class A tout
rouillé au superbe fifth
wheel de
moins de 6 mois. Bref, il y a là un peu de tout et de
n'importe
quoi, mais c'est comme ça que nous avons trouvé.
- le gros hic avec les
véhicules américains, c'est leur
consommation. Le nôtre avale ses 30 litres au 100 et
il est dans la
moyenne (gloups !).
- les petits concessionnaires ne sont pas toujours très
fiables
pour ce qui est des démarches administratives. Ils sont
toutefois référencés et donc
théoriquement
vulnérables en
cas de problème. Le nôtre ne savait pas qu'il
fallait payer une
taxe de 7 ou 8% du montant de l'achat (au profit du DMV - Department of
Motor Vehicles) et ne nous a pas
prévenu que nous devions faire des
démarches pour renouveller notre plaque
d'immatriculation. En
effet, en Californie, comme dans beaucoup d'autres états, la
plaque est valable 2 ans (renouvelable moyennant la paiement d'une
taxe) et elle est nominative. Le délai
légal est de
3 mois. Tant que l'on passe moins de 3 mois aux Etats-Unis, il n'y a
donc pas de problème, mais attention si vous devez y revenir
! Au début, elles n'étaient plus valables, nous
avons donc ôté les vignettes
de validité sur notre plaque et il aurait vraiment
fallu tomber sur un initié pour que cela nous pose un souci
(rien ne permet de savoir qu'une plaque californienne est
limitée dans la durée). Maintenant, tout est aux
normes, mais ça nous a pris du temps... Nous avons
découvert une bonne partie de tout cela à la frontière
mexicaine, car les douaniers de Tijuana en ont bien
sûr connaissance (proximité oblige).
- un titre de propriété temporaire est
délivrée par
le
concessionnaire (!) et la carte définitive est
envoyée
dans un délai de 3 mois.
- il faut contracter une assurance avant de retirer le
véhicule (pas d'interim assuré en
général). Voir la page sur les assurances.
- les
véhicules de
marque américaine sont très
présents dans toute l'Amérique Latine, les
pièces
de rechange sont donc disponibles à peu près
partout et
la mécanique bien connue (Ford, Chevrolet, etc.). Moins vrai
au
Nicaragua et dans le sud de l'Amérique du sud toutefois.
Attention, en Argentine et au Brésil, les pièces
sont
assez différentes car les véhicules construits
sous
licence sont bien souvent allégés.
- Essence
En
Amérique du Nord,
en dehors des camions et des bus, quasiment tous les
véhicules
fonctionnent au unleaded
(sans plomb, ou sin
plomo en espagnol). Il existe plusieurs indices comme en
France. Le moins cher est le regular
aux Etats-Unis et dans la majorité des pays (magna
au Mexique). Attention, la qualité de ce dernier est plus
que
limite dans certains pays (Costa Rica, Pérou,
Brésil). Des stations distribuent même des
brochures
démontrant les dégâts causés
par le regular (au
Costa Rica notamment). Nous sommes passés au super (ou premium
selon les pays) après avoir réalisé
que notre pot
catalytique avait été bouché par le
plomb du regular.
Vu le prix du dépannage, le jeu n'en vaut pas la chandelle...
Il y a bien sûr du gasoil dans la plupart des
stations.
- Eau
Ne connaissant
pas la
capacité de notre réservoir, je ne peux donner
mon
opinion sur ce qu'il faut choisir. Pour les problèmes de
pompe
à eau, par contre, je connais (la nôtre nous a
lâché). Ce qui nous a sauvé, c'est que
nous
étions près d'un port. Les pompes des bateaux et
des
camping-cars étant les mêmes, pas de souci pour en
trouver (la Shurflow est la meilleure marque, avec sa
sécurité en cas de surchauffe) . En dehors de la
zone
portuaire (l'idée ne m'est pas
venue tout de suite), même dans une grande ville mexicaine,
je
n'ai pas réussi à trouver de pompe à
eau
fonctionnant sous 12V.
- Gaz
Généralités
:
L'Amérique du Nord
est très bien équipée en GPL (grosse
bouteille
blanche en général). Il y a des stations de
remplissage
un peu partout si tant est que l'on ait le bon raccord. Ca fonctionne
comme le réservoir d'essence : quand la jauge est basse, on
va
faire le plein. Nous tenons 20 jours sans problème en
utilisant
eau chaude et un peu de chauffage, mais pas trop... (pourtant,
notre frigo fonctionne en permanence au gaz). Plus compliqué
ensuite en fonction des pays. Selon les endroits, le gaz est
très répandu ou pas du tout.... Voir
l'introduction de
chaque pays dans notre page nuits-étape
pour connaître les conditions dans chaque pays.
Attention ! il
ne faut pas
confondre le GPL et le gaz naturel. Ce dernier est à
très
haute pression (50 fois plus que le GPL environ). Il n'y a donc aucune
compatibilité et n'essayez surtout pas de remplir un
réservoir GPL avec du gaz naturel : ça explose !
En
Bolivie, Chili, Argentine et Brésil, il y a des stations qui
vendent du GNC :
c'est du gaz naturel... Rassurez-vous, en
général, les
emboûts ne sont pas compatibles, donc on est pas
tenté
d'essayer.
Un peu de technique
:
Notre réservoir est équipé d'une valve
de
remplissage dont la fermeture s'effectue par clapet anti-retour (la
pression du gaz, en arrivant, ouvre le clapet et dès que
l'on
stoppe le remplissage, la chute de la pression le referme). Ce clapet
est inclut dans le réservoir et on n'y a pas
accès. En
sortie, on a un système qui empêche le gaz liquide
de
passer, seul les "vapeurs" sortent donc et viennent alimenter le
système par l'intermédiaire d'un
régulateur
(indispensable dans tout réseau de gaz).
Remplissage du
réservoir :
En raison des difficultés que nous avons
rencontrées
à partir de la Bolivie pour remplir notre
réservoir, il a
fallu trouver une solution durable et à peu près
sûre (manipuler du gaz présente certains dangers
!). Nous
sommes donc allés dans une torneria (atelier
tourneur-fraiseur) à Salta
(Argentine) pour faire un adaptateur. Cet adaptateur (en
bronze avec joint en caoutchouc) se visse sur notre valve de
remplissage. De l'autre côté, nous vissons un
simple tuyau
de raccord (comme il s'en vend dans toutes les ferreterias par
ici) et
enfin, on relie une bouteille de gaz liquide. Le gaz liquide est
très utilisé en Amérique Latine. On
achète
une bouteille vide qui sert de consigne. On l'échange
ensuite
contre une pleine (ce qui se fait à peu près
partout). Ce
n'est pas la ruine en Bolivie car une bouteille pleine de 10 kg
s'échange pour 2,25€... et les bouteilles sont
parfois similaires
d'un pays à l'autre (Pérou, Bolivie, Argentine et
Chili).
Ensuite, il n'y a plus qu'à verser le contenu de la
bouteille en
la renversant (si, si, ça marche, je vous jure). En fait, le
liquide qui occupe la majeure partie de la bouteille,
s'écoule par la valve, passe par le tuyau,
puis
le fameux adaptateur et ouvre la valve anti-retour du
réservoir
qui se remplit alors du liquide. Il faut penser à ouvrir la
purge du réservoir, ce qui chasse le gaz et permet au
liquide de
s'écouler. Et le tour est
joué.
- Electricité
- Pour la
batterie, comme en France, 12V.
- Pour
l'alternatif, 110V
bien sûr (camping car américain
oblige). Pas de souci pour se brancher pour le moment
(l'Amérique Centrale est
au 110 aussi, le nord de l'Amérique du sud
également). Pour le reste, le gros avantage est que tous les
chargeurs modernes (appareils photo, camescope, ordi, etc.) sont
universels (100 à 240V et 50 à 60 Hz). On n'est
donc pas
du tout limités. Il suffit d'avoir un adaptateur. Nous avons
emmené dans nos bagages une multiprise française,
ce qui
nous permet de faire fonctionner plusieurs appareils avec un seul
adaptateur.
- Nous avons un panneau solaire de 100W qui nous recharge la batterie
sans problème pendant la journée. Il faut
cependant
veiller à : le brancher via un régulateur
équipé d'un système anti-retour, le
nettoyer
très régulièrement (j'y vais environ
tous les 2
jours), être au soleil à l'heure de pointe (entre
11h
à 14h). Mais que c'est agréable de ne pas avoir
besoin de
faire fonctionner un moteur pour recharger sa batterie...
- Nous avons aussi un générateur (c'est quasiment
de
série sur les camping-cars américains). Il
fonctionne au
propane et nous permet d'avoir du 110V quand nous en avons besoin.
Indispensable pour le micro-ondes et la clim (et oui ! ça
aussi
c'est de série aux US !).
- Pour avoir
du 110V en
permanence, nous avions acheté un
petit inverseur portatif (140W) qui se
branche sur l'allume-cigare et nous
permettait (moyennant le bruit du ventilo) d'alimenter nos
équipements sans
avoir à faire tourner le générateur.
Nous
l'utilisions pour recharger nos piles, l'ordinateur, les
batteries
de l'apn et
du camescope, et même un petit mixeur. Mais la puissance
était vraiment trop faible. On a donc acheté un
inverseur
plus gros (375W) qui lui, permet a peu près tout.
- Matériel de
dépannage
Alors
là, c'est la
grande question ! Ai-je assez de pièces de rechange ou non ?
En
gros, on a essayé de ne pas se rater sur les classiques :
- de l'huile moteur,
- du liquide de refroidissement,
- un entonnoir,
- un filtre
à air,
un filtre à essence et un filtre à huile (on ne
sait pas
ce qu'on trouvera le jour où on en aura besoin...),
- de l'huile (WD-40, en vente partout),
- un jack
(outil de levage pour changer une roue),
- une clef pour dévisser les roues,
- une roue de
secours (une seule ! ça c'est l'avantage du double essieu
à l'arrière),
- 2 bidons de 20 litres d'essence (faut dire qu'avec notre autonomie,
c'est pas du luxe !),
- un ou deux tubes de silicone (et le pistolet qui va avec),
- l'indispensable caisse à outils, constituée en
France avant de partir (ce serait bête de tout racheter !),
- quelques ampoules et fusibles de rechange,
- quelques "consommables" : colle, fils de différentes
sections, clous, vis de différentes
tailles, car il y a toujours des trucs à réparer,
- des chambres à air pour les pneus en fin de vie.
Là où on est un peu joueur pour l'instant
(comprendre : ce qu'il faut qu'on se procure... vite) :
- des grilles de
désensablage,
Les plus qui pourraient bien servir mais que l'on n'a pas :
- un alternateur de rechange,
- des courroies de rechange,
-
une pompe à eau de secours,
- un petit réchaud au gaz avec sa propre bouteille.
- Glossaire
| dump |
vidange
des réservoirs d'eaux usées |
| fifth
wheel ou trailer |
caravane |
| full
hook-up |
site tout
équipé (eau courante,
électricité, égoût) |
| grey
tank |
réservoir
d'eaux usées (éviers et douche) |
| holding
tank ou black tank |
réservoir
d'eaux usées (toilettes) |
| hook-up |
site
équipé de facilités |
| motorhome |
camping-car |
| rv
(recreational vehicule) |
camping-car
ou caravane |
| rv
class A |
camping-car
integral |
| rv
class B |
fourgon
aménagé |
| rv
class C |
capucine |
| rv
park ou trailer park |
camping
pour camping-car et caravane |